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Article VSD 22/28 mars
2006
En France, on dénombre 400
sortes de charcuteries
Les français aiment le
cochon. Avec plus de 28 kilos (viande fraîche et charcuterie)
consommés par an et par habitant, le porc arrive largement en
tête des viandes appréciées dans l'hexagone. Ce sont 10 kilos de
plus que la volaille et 13 de plus que le boeuf. Plus économique
que les autres viandes, celle du porc possède un atout important
: avec lui, on ne jette rien. Du groin à la queue, en passant
par les oreilles, les pieds, la langue, les jarrets ou les
joues, on peut tout, mais alors absolument tout manger dans
l'animal. La multiplicité des morceaux autorise toutes les
préparations, c'est pourquoi les sources d'inspiration ne
manquent pas.
GARE AU JAMBON INDUSTRIEL : IL
GONFLE A L'EAU
Si les français aiment
cuisiner la viande de porc, ils préfèrent par-dessus tout la
charcuterie. Le problème c'est que, dans notre pays, 62 % de la
charcuterie consommée est achetée en supermarché, contre 9 %
chez les charcutiers. Or, qu'y a-t-il de commun entre une
entreprise industrielle et un commerce de type artisanal ? Pas
grand chose, à vrai dire. Prenons dans ce domaine l'exemple du
numéro un des ventes : le jambon blanc. Dans la version
artisanale, on injecte dans les fibres du jambon, à l'aide d'une
seringue, un simple bouillon aromatique, avant de le cuire au
torchon ou, sous vide, à 65 ° pendant toute la nuit. A la mode
industrielle, le processus de fabrication est identique, sauf
que l'on ajoute au bouillon une poudre (des poly phosphates)
destinée à retenir l'eau à l'intérieur des muscles. Résultat un
jambon frais de 10 kilos pèse alors 12 kilos une fois cuit et
offre un rendement de 120 % contre 85 % pour le jambon
artisanal. Les industriels nous vendent donc deux litres d'eau
au prix du jambon. Humide et luisant, il a une texture
caoutchouteuse et un goût plutôt fade. Son concurrent artisanal,
lui "ne colle pas" et son aspect reste mat. Un peu plus sec, il
se caractérise par une saveur plus marquée. Malheureusement,
l'industrie a étendu ses mauvais traitements à l'ensemble des
produits de charcuterie. Comme les saucissons secs auxquels sont
ajoutés des sels nitrites pour mieux les conserver. Leur couleur
est d'un rouge très vif, au contraire d'un saucisson sec
artisanal, plus sombre, presque noir, et leur goût altéré fait
bien souvent penser à celui des médicaments. Dans les rillettes
industrielles, certains fabricants ajoutent de l'eau pour les
rendre moins grasses (favorisant ainsi le développement des
listérias), utilisent souvent des déchets de porc et les cuisent
rapidement. On obtient alors des rillettes blanchâtres, qui
ressemblent plus à du pâté qu'aux préparations de nos ancêtres.
Celles réalisées de façon artisanale sont fabriquées avec des
parties nobles du porc (poitrine, jambon), cuites lentement dans
une marmite en fonte pour éliminer un maximum d'humidité, puis
recouvertes de graisses. A la dégustation elles sont d'un joli
brun caramélisé, faisant apparaître de vrais morceaux de viande
et un goût typé. On pourrait continuer ainsi à l'infini en
évoquant les colorants et les aromes artificiels incorporés dans
les fromages de tête, les oignons précuits en boîte et le sang
déshydraté en poudre utilisés dans le boudin noir ou bien encore
le fumage des andouilles par aspersion de fumées liquides. Et si
nous retournions tout simplement chez le charcutier du coin de
la rue ? |
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Article QUE CHOISIR,
mars 2006 teste les steaks hachés..., en fast food
MENUS GRAS
Il a prélevé pour tester,
des steaks hachés vendus dans quatre cafétérias ou fast foods :
Casino, Flunch, Mac Donald et Quick. Ils ont subi les mêmes test
que ceux des grandes surfaces, à l'exception des analyses
microbiologiques : ces steaks étaient en effet cuits. Une
cuisson qui se fait en général, à plus de 70° C, ce qui permet
d'éliminer les bactéries et notamment l'ESCHERICHIA COLI O 157H7
mise en cause dans l'affaire Chantegril. Les résultats obtenus
sur ces quelques échantillons de la restauration hors foyers
sont moyens ou médiocres sur deux aspects.
s
Qualité des matières
premières
La réglementation appliquée
pour les steaks hachés crus impose que l'on ne compte pas plus
de neuf images d'os et de cartilages sur un même échantillon.
Trois des quatre produits testés s'approchent ou dépassent ce
seuil : Casino (7 observations), Flunch (8) et Quick (11)
s
Matières grasses
Les steaks hachés sont trop
gras : de 17,6 % (Mac Donald) à 20,8 % (Casino). Avant analyses,
il a été pris soin de débarrasser le produit de toutes les
graisses annexes (sauces par exemple). Ces taux importants
s'expliquent par des raisons de praticité. En restauration
collective, les steaks sont cuits sur une plaque, sans huile ni
beurre. Il faut donc qu'ils relâchent suffisamment de gras pour
ne pas attacher. De plus, pour l'enseigne qui les sert, les
matières grasses "sont facteur d'abaissement des coûts", comme
le reconnaît pudiquement Pierre Halliez, Directeur du Syndicat
National de l'Industrie des Viandes.
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